Le message d’introduction de mon site est : Bienvenue dans mon univers. Mais cet univers est principalement composé de vide.
La, vous me direz, c’est comme “l’Univers”. A part quelques galaxies par-ci, par-là, elle même composé de quelques systèmes stellaires éparpillés, composé de quelques astres et planètes tout aussi éloignés, au sein desquels il reside de la matière qui en apparance semble faire bloc, mais dont on peut, en observant avec beaucoup d’effort, constater que la matière est entièrement composé de vide, et si on à la chance, on pourra croiser quelques éléctrons, et en leur centre, neutrons et protons qui eux-même sont des aglomérats de quarks encore plus petit et éloigné d’autant plus, toute proportions gardés. Oui alors, l’univers est fait de vide.
Cela ne pose pas de soucis quand on est la matière, quand on est sur une planète, rattaché à quelque chose de “concret”. Mais qu’en est t’il si on à le malheur de se situer entre deux galaxies, entre deux systèmes, entre deux planètes, entre deux atomes, entre deux éléctrons, et loin de tous photons et interactions possible qui pourrait nous apporter un temps soit peu de réconfort, de chaleur ?
L’univers est vide quand on est loin de tout. Il est vide quand on se sent seul dans ses pensées, dans ses projets, dans sa vie, Il est vide quand notre muse, seule attache créative, seule inspiration à notre art, à décidé, lassée d’attendre, de partir vers d’autres cieux.
Je me sens seul, je me sens vide d’inspiration créatrice et artistique.
J’ai également peur. Peur de me rapprocher trop d’une de ces planètes, peur de chercher une nouvelle déesse de l’inspiration. Ce n’est pas cette recherche qui me fait peur, c’est le fait qu’elle me rejette. J’ai peur qu’elle prenne peur de moi, de mes envies, de mes projets, de mes sentiments, de ce que j’ai au fond de moi que j’ai tant de mal à exprimer.
Peur aussi de ce que je suis devenu. Force est de constater que je ne suis plus très jeune. Dans ma tête, j’ai l’impression d’avoir vécu une vingtaine de vies différentes. Mon corps suivait encore il y a peu : ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je me sens déliquescent, je tombe en lambeau. Est-ce par manque d’amour, par indifférence du monde à l’égard de ce que je produit, par le regard que portent les nouvelles générations à mon égard : celui d’un homme cisgenre blanc de plus de 45 ans et obèse (la pire espèce au monde, “gros porc pervert”). C’est ce type de sentiments et de regards qu’on peut me porter qui m’ont fait arrêter beaucoup de projets dans ma vie … le fait de ne plus se sentir à sa place, en décalage avec le monde et ces nouvelles générations qui arrivent et nous font sentir qu’on est plus à notre place (“Il faut que sache rester à me place” … oui je n’ai plus 20 ans … on me le fait bien comprendre)
Pourtant, ceux et celles qui me connaissent vraiment (très peu au final) savent qui je suis aujourd’hui : que je suis une personne qui ne veut de mal à personne, qui ne veut pas faire de vagues, qui s’adapte aux autres, qui n’a pas trop d’égo et sait le taire, qui ne cherche pas à s’imposer, qui aime le monde même si ce n’est pas réciproque, pour qui la (vraie) bienveillance me remplie de larme, qui sent quand quelque chose / quelqu’un ne va pas bien et qui cherche des solutions à ces problèmes, qui se sent mal et responsable quand on me reproche quelque chose ou que j’ai porté préjudice à quelqu’un involontairement, à la limite de ne pas pouvoir en dormir la nuit. Une personne qui prône le partage et non l’appropriation, qui est attentif à ce que les autres pensent, qui respecte le consentement, qui respecte les autres. Comme beaucoup, j’ai fait des erreurs dans le passé, et j’ai appris pour m’améliorer. Et j’essaye au quotidien d’être une meilleur personne que la veille.
Pourtant j’ai l’impression de ne pas être une personne normale. J’ai de plus en plus l’impression d’être en marge de la société. Personne ne m’invite chez lui pour discuter, sympatiser, échanger. Personne ne cherche à me connaitre au delà des cercles dans lequels on est amener à interagir : Le travail, l’association, la photo, la vidéo. Je suis la personne qui rend service, qui prête du matériel, qui donne des conseils, qui est à l’écoute, qui donne des cours, qui va faire des photos ou des images. Et après, plus rien. Rentré à la maison, je suis isolé de tout et de tout le monde. Pas d’amis pour l’apéro, pas de fêtes auquel être convié, peu d’appels pour prendre des nouvelles, si ce n’est en rapport avec le sujet de la photo ou de la vidéo. En fait, si je n’ai plus, demain, ni la photo ni la vidéo, alors j’ai l’impression que ne serais plus personne.
Ce que j’écris là, je l’exprime souvent via des “petits coup de gueule” (notamment sur facebook ou via quelques écrits comme celui-ci), des tentatives désespéré pour dire que je suis (encore) là, et pas que pour la photo ni la vidéo. ces bouteilles à la mer certains voient passer et se demandent ce qu’il se passe, mais que peu les prennent à bras le corps pour m’extirper de cet océan de solitude moral et intellectuel, ce manque de reconnaissance ou de considération au delà de ma simple “fonction”. Est-ce le cas pour la plupart d’entre-nous ?
J’aimerais qu’on puisse m’apprecier (ou pas … tant que cela ne reste pas de l’indifference) pour qui je suis et non pour ce en quoi je peux servir. J’envisage de plus en plus de tout quitter, la photo, la vidéo, comme j’ai quitté le cinéma ou la photo mode/modèle. Ne plus être une fonction, juste être moi, FX, et voir ce que cela donne.
Et c’est là que je me rend compte d’une chose : Fx, c’est la photo et la vidéo, c’est la technicité de par mon expérience, c’est tout ce qui est présent sur ce site et qui ne représente qu’une petite partie de ce que j’ai fait. Sans cela, Fx, c’est le vide. C’est rien, C’est le néant. Fx n’existe pas. Et si je n’existe pas, alors c’est pour cela que je n’ai plus vraiment d’amis, que je n’ai pas vraiment d’existence en dehors de ma fonction, que je ne suis apprécié par personne car … va apprécier du vide, toi ! En plus, du vide obèse, vieux, hétéro et blanc … lol
Tout cela vous y avez cru ? Surement, oui. Et beaucoup ce sont arrêtés à ces dernières phrases. Toujours le mec relou qui se plains, alors que tant de gens sont malheureux dans le monde, certains rejetés, d’autres tués.
Vous croyez vraiment qu’on peut être aussi vide que cela ? Même si c’est le sentiment que j’ai actuellement, je ne crois pas qu’on puisse l’être a ce point. Pour cela, il faut creuser, prendre le temps, chercher, s’intéresser, discuter, échanger. Est-ce que personne ne prend plus le temps de cela pour qui que ce soit ? Je rêve qu’une personne puisse s’intéresser à moi, non pas à ce que je fais, ni mes fonctions, mais à qui je suis. Même ce que je produit n’intéresse que peu de gens : il suffit de voir le livre d’or de ce site.
Bref … heureusement que j’ai une personne qui m’aime, non ?
Ma compagne, au fil des années, est devenue une colocataire qui est enfermée sur ses propres problèmes, à combattre ses propres démons éternels. J’ai pourtant combattu à ses cotés durant de nombreuses années. On a même eu une fille, qui est véritablement formidable et dont je suis et nous sommes extrêmement fière. Mais son combat, ses démons, j’ai fini par comprendre que c’est elle qui les génères, de par son enfermement sur elle-même, à la fois physique et psychologique. Et j’ai fini par ne plus combattre ce qui est, finalement, une partie d’elle-même qui ne partira jamais. Elle arrive pourtant à vivre avec, quand elle sort et qu’elle se retrouve en société. Mais à la maison, ces derniers l’enfoncent inlassablement dans un confort douloureux, un enfer moltonné, un sacerdoce rassurant, une souffrance qu’elle connait très bien et dont elle fini par se complaire. Et difficile d’avoir une véritable interaction, quelle soit intellectuelle, émotionnelle, sensuelle mais également sexuelle, quand on est quasi-perpetuellement dans cet état.
On fini par vivre dans la même maison, mais pas dans le même univers.
Et j’ai beau vouloir, proposer, insister même, pour casser ces barrières, à travers des projets, de travailler ensemble sur des sujets, ou à travers des échanges d’idées ou de débats : sans une réelle volonté de sa part en retour, sans consentement, rien ne peut vraiment se faire.
Alors on est là, tout les deux, l’une à se sentir encore plus en retrait quand je pars travailler ou quand je suis sur des projets, et l’autre à se sentir encore plus frustré, exaspéré, déprimé, et impuissant face à cette situation. J’espère un réveil … mais il risque d’être trop tardif. Une fois que je serais 6 pieds sous terre, peut-être.
En attendant, je souffre de cette situation. J’ai l’impression de l’avoir abandonné dans ce combat, d’avoir baissé les bras, de me sentir coupable de sa situation, voir même inconsciemment, d’être la raison de son malheurs. J’ai l’impression d’être un monstre, de la maltraiter moralement, de l’enfermer physiquement. Je sais bien que c’est faux, mais à force, cela me faire remettre en question constamment et de douter de moi : est-ce je fais ce qu’il faut, dit ce qu’il faut, est-ce parce que je lui montre pas assez d’appreciation ou de marque d’amour ? Est-ce parce que je suis devenu un monstre d’égoïsme quand je part sur des projets, et que je la laisse face à elle-même et ses démons à la maison ?
Est-ce parce que j’ai, de plus en plus, envie de penser à moi et à mon propre bonheur, et que j’envisage des choses qui pourrait me rende un peu plus heureux … comme le fait d’envisager d’avoir des relations par ailleurs (mais sans l’abandonner pour autant), le fait de vouloir chercher un peu de réconfort quelque part …
… Mais pour cela, il faudrait qu’une personne s’intéresse à moi, et à la vacuité de mon être.
En attendant, je compense tout cela par une angoisse et un stress permanent, comblé par une sur-nourriture abondante : ça me redonne un peu de baume au coeur … mais ça réduit mon espérance de vie.
A suivre

